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L'Italie approche-t-elle du point de non-retour ? Certains ministres des Finances n'ont pu s'empêcher de lever les yeux au ciel, mardi, au bout d'un nouveau huis clos à Bruxelles, alors que deux indicateurs inquiétants pour l'avenir de la monnaie unique viraient au rouge : le niveau des interventions de la BCE pour calmer les marchés et le coût auquel emprunte le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui constitue pourtant la première ligne de défense si l'Italie venait à basculer après la Grèce, le Portugal et l'Irlande.
Les ministres de l'euro n'ont semble-t-il rien appris de leur collègue italien Giulio Tremonti, venu plaider à Bruxelles la cause d'un gouvernement Berlusconi désormais condamné . «Les marchés boivent la tasse depuis une semaine, mais de Rome on entend toujours la même chanson», regrette un porte-parole. L'Italie, à son tour, «entre dans le cercle vicieux», enchaîne un haut fonctionnaire. Ce cercle vicieux s'exprime directement en termes de taux d'intérêt. Rome emprunte désormais à un niveau record de 6,75 % à dix ans, soit 500 points de base (5 %) de plus que l'Allemagne. «Entre 6 % et 7 % de taux d'intérêt, le pays n'arrivera pas à stabiliser sa dette, qui deviendra incontrôlable», ont prévenu mardi les gérants américains de Pimco, le plus gros gérant obligataire au monde. Signe de la gravité de la situation : à cinq ans, l'Italie emprunte encore plus cher (6,85 %), alors que l'Allemagne emprunte à… moins de 0,90 % ! Cela prouve le manque de confiance des investisseurs dans les capacités de refinancement à court terme de la péninsule, puisqu'ils exigent des taux plus élevés. Ces inquiétudes se traduisent sur le front politique. À visage découvert, le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, dénonce «des promesses vides» et le commissaire Olli Rehn juge «la situation très inquiétante».
note Webrunner : et maintenant, c'est le tour de l'Espagne.