Jusqu’ici, Bolkestein désignait un projet de directive de loi européen visant à libéraliser le marché des européen des services. Ancien commissaire au marché intérieur, cet ultra-libéral néerlandais entendait réduire les formalités administratives entre états membres de l’Union.
En théorie, rien d’inquiétant, dans les faits, la directive incluait la notion de « pays d’origine » tant décrié par les défenseurs du modèle social européen. Selon ce principe, si le prestataire étranger fournit ses services à distance, il sera payé aux conditions de son pays d’origine (salaire minimum, temps de travail, hygiène et sécurité). Un « libre marché » libéré de l’interventionnisme étatique et de toute forme de protectionnisme des industries locales.
De là naquit la fameuse polémique du « plombier polonais » au printemps 2005, prolétaire des temps modernes et symbole du dumping social au sein de l’Union.
Depuis lors, Bolkestein se faisait discret. N’y tenant plus, Frits est sorti du bois récemment. Et le Batave ne fait pas dans la dentelle. Dans un livre consacré au judaïsme aux Pays-Bas écrit par le chercheur Manfred Gerstenfeld, un survivant de l’Holocauste, l’ex commissaire européen écrit : « Les juifs conscients doivent réaliser qu'il n'y a plus d'avenir aux Pays-Bas ».
D'après le quotidien israélien Haaretz, Frits Bolkestein y dit avoir une confiance limitée dans la capacité du gouvernement à combattre l'antisémitisme, au vu des actes antisémites des dix dernières années aux Pays-Bas.