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Austérité : Espagne, Portugal et Italie comptent sur la BCE

Austérité : Espagne, Portugal et Italie comptent sur la BCE

source : le figaro

Par Jean-Jacques Mevel
03/12/2010 | Mise à jour : 
 
Le premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero (à gauche), en compagnie du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy (au centre), et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en mai dernier, à Madrid.
Le premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero (à gauche), en compagnie du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy (au centre), et du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en mai dernier, à Madrid. Crédits photo : © Susana Vera / Reuters/REUTERS

Le Sud s'impatiente. Officiellement, ni le Portugal ni l'Espagne n'ont songé à demander un renflouement à leurs partenaires de la zone euro. Mais déjà plongés, comme l'Irlande et la Grèce, dans une déprimante spirale de coupes budgétaires, de récession et de chômage, ils montent en ligne pour demander d'autres traitements que la purge ou la saignée.

Madrid, Lisbonne et Rome ont lancé depuis quelques jours un discret lobbying auprès de la Banque centrale européenne, sans empiéter formellement sur l'indépendance sourcilleuse de Jean-Claude Trichet : il s'agirait pour elle d'acheter davantage de titres des pays en difficulté, de détendre leurs taux d'intérêt et stopper ainsi un effet boule de neige sur la dette des emprunteurs du Sud.

L'institution de Francfort leur a donné partiellement satisfaction jeudi en prolongeant les mesures exceptionnelles décidées au printemps. Mais elle s'est bien gardée d'en préciser le détail. Il y a peu de chance que la BCE décide, comme la Réserve fédérale américaine, de crever les plafonds et de faire tourner la planche à billets dans l'espoir d'aiguillonner la croissance. Le second front ouvert par les «Méditerranéens» est plus politique. Contournant la BCE, l'objectif est de convaincre les Vingt-Sept de prendre les affaires de l'euro en main, comme ils l'avaient fait en mai face à la quasi-banqueroute de la Grèce. Ce n'est sans doute pas par hasard si la rumeur d'un sommet européen imminent, rapidement démentie par Bruxelles, a jailli jeudi matin de Madrid.

 

Trouver une réponse énergique 

Les marchés, en alerte sur tout changement de cap, ont également relevé jeudi la confirmation d'un récent rendez-vous de crise à Tripoli, en marge du sommet UE-Afrique. Il a réuni, à l'hôtel Rixos al-Nasr, les trois premiers ministres espagnol, italien et portugais ainsi que le chef de l'exécutif européen, José Manuel Barroso, et le président du Conseil, Herman Van Rompuy. Peut-être s'agissait-il de serrer les coudes face à l'agitation persistante des marchés et de réfléchir à une réponse plus énergique de l'UE à la crise qui gangrène l'euro.

La journée de vendredi verra si le geste de la BCE parvient à restaurer durablement la confiance. Si la tempête persiste et que le Portugal et l'Espagne sont directement menacés, l'Europe et les Vingt-Sept gardent quelques effets dans la manche.

Le plus nécessaire et le plus immédiat serait un nouveau remplissage du Fonds européen de stabilité financière, créé le printemps dernier. L'Irlande est depuis dimanche la première à passer au guichet, l'éventuel appel au secours d'un Portugal et d'une Espagne incapables de se refinancer pourrait sérieusement diminuer des ressources européennes. Elles totalisent, en théorie, 750 milliards d'euros.

Axel Weber, président de la Bundesbank, en a publiquement envisagé l'éventualité. Berlin l'avait alors contredit, mais c'était la semaine dernière. Depuis, le rapport de force semble avoir évolué. L'Allemagne craint toujours qu'une mobilisation alarme, au lieu de rassurer. De son côté le Trésor américain, inquiet d'une possible contagion outre-Atlantique, a discrètement fait savoir jeudi qu'il est prêt à contribuer, par le biais du FMI. Après les épisodes grec et ­irlandais, Washington continue de peser sur les choix des ­Européens.

 

MADRID, 3 décembre (Reuters) - Le gouvernement espagnol envisage de nouvelles hausse des taxes sur le tabac, l'alcool et les carburants dans le cadre de sa lutte pour réduire le déficit et rassurer les investisseurs sur l'état de ses finances publiques, rapporte vendredi la presse espagnole.

Les services du président du gouvernement et le ministère de l'Economie se sont refusés à tout commentaire. Le gouvernement donne vendredi sa conférence de presse hebdomadaire.

Le nouvel impôt sur le tabac permettrait de lever un milliard d'euros supplémentaire en 2011, écrit El Mundo. D'autres journaux affirment que le gouvernement n'exclut pas de relever les taxes sur l'alcool et les carburants.

L'Espagne, qui a vu ses coûts d'emprunt flamber avec la crise de la dette souveraine dans la zone euro, a adopté un budget d'austérité pour 2011 et pris cette semaine de nouvelles mesures, dont la privatisation partielle de sa loterie nationale et des aéroports.

Elle vise un déficit de 6% en 2011 contre 11,1% cette année et veut convaincre qu'elle n'aura pas besoin de recourir, comme la Grèce ou l'Irlande, à une aide financière européenne.

La ministre de l'Economie, Elena Salgado, l'a de nouveau réaffirmé vendredi matin sur l'antenne de la BBC, ajoutant que l'Espagne allait réduire le nombre de ses banques, qui passent pour être le maillon faible de son économie.

Elle a en outre estimé qu'une politique économique commune était nécessaire pour soutenir une monnaie unique.

(Fiona Ortiz, Stephen Nisbet et Mohammed Abbas, Grégory Blachier pour le service français, édité par Benoît van Overstraeten)

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