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par (son site) lundi 10 mai 2010 -
"la lumière du progrès a consommé la cire de nos espérances"

Sacrée rigueur, rappelant les vieux démons de la politique de Raymond Barre en cet été 1976, trois ans après 1973, début du choc pétrolier, alors que la rigueur de François Fillon arrive aussi en un été, celui de 2010, trois ans après le début de la crise financière, mais on ne tiendra pas rigueur à Fillon d’avoir oublié cette époque, pas plus qu’on ne tiendra rigueur aux journalistes d’employer le mot rigueur dans un sens qui ne sied pas au premier ministre, lequel s’est fendu d’une mise au point précise, décrétant que la rigueur c’est le gel des dépenses de l’Etat plus l’augmentation des impôts.
Ce qui ne convient pas aux gens socialistes pour qui, si l’on en croit Pierre Moscovici, le gouvernement prépare les Français à un plan de rigueur et ma foi, on se demande à quoi servent ces débats sémantiques si stériles et insipides que même un scénariste de Camping refuserait de les insérer dans les dialogues quoique, un bon humoriste pourrait reprendre l’affaire en pointant une sorte d’hémiplégie à Matignon avec un signal ayant deux significations, une pour les marchés et une autre pour les Français, les uns, appelés à ne pas fronder de leurs fonds spéculatifs contre la monnaie européenne et les autres conviés à ne pas s’insurger et aller dans la rue pour singer les Grecs.
Ce qui ferait mauvaise impression et pour finir, on pourrait dire, à la rigueur, et je précise bien à la rigueur, que cette rigueur est une farce sémantique qui dévoile l’impasse dans laquelle se joue le sort d’une civilisation européenne qui ne sait plus comment dire les choses et gérer cette crise financière dont on sait pertinemment qu’elle résulte de la cupidité du genre humain, autant des élites que des catégories de Français protégés qui ont su préserver leurs intérêts mais qui bientôt, seront cloués dans le marasme économique si rien n’est tenté et que cette rigueur se déroule comme un sparadrap de petites mesures, d’effets d’annonce et ma foi, la France risque de partir à la retraite dans le cortège des nations sans que les retraites des Français ne soient assurées.
Mais je vous en prie, ne me tenez pas rigueur de ces mots moqueurs, car la situation est grave mais pas si sérieuse qu’on ne le dit et si le monde plonge, la bourse chutera avec et réciproquement, et alors il faudra songer à recommencer l’aventure humaine car nous voyons bien que l’impasse nous pend au nez et que le développement technique indéfini finit par s’éteindre, telle une chandelle épuisée car la lumière du progrès a consommé la cire de nos espérances et de nos capacités à aller de l’avant, tandis que là-bas, dans ce pays intempestif, de l’autre côté de l’Atlantique, il semble bien que l’activité reprend, signe que cette Amérique est façonnée dans une autre cire que notre Europe et qu’elle sait rebondir.
Mais sait-on jamais, avec ses dix pour cent de chômeurs et ces recalés du boom universel, l’Amérique risque aussi de vivre des jours mauvais, sans qu’on ne puisse parler de rigueur car là-bas, ce mot n’a pas cours, on sait pourquoi, car l’Américain n’a pas été habitué à la tutelle d’un Etat instituteur qui ici en France, donne des bons et mauvais points et sait jouer de la baguette du maître d’école pour s’exclamer un jour de crise, c’est la rigueur, mais en ce 21ème siècle, la jurisprudence des bisounours a tranché et il ne peut pas y avoir de rigueur dans cette France qui est vouée au bonheur selon les prophéties de Martine qui n’en a cure de la rigueur mais qui à la rigueur, se plairait bien devenir la présidente du care.
Madame Aubry, aux bons soins des Français, le contraste est de rigueur, pour des élections sur fond de crise sociale et de nation épuisée à force de jouer les forçats de la croissance et de l’innovation, envoyant au bagne cette cohorte de travailleurs pauvres pour faire le bonheur de pauvres bourgeois qui se la jouent classe supérieure en ne respectant pas la rigueur des dispositions culturelles faisant que le philosophe étranger se plaît à visiter un pays en disant que là, il se passe des choses de l’esprit.
Mais quel marasme, quel désastre, ces journalistes incapables d’écrire le moindre édito mais jouant les commensaux en pointant dans les grands journaux tout en attendant leur fiche de paye après avoir tapé quelques formules vites corrigées par le professeur Fillon qui se voit en académicien des incantations rigoureuses, vaste arnaque eu égard aux incantations de Mike Oldfield dont on se prend à rêver tant nous espérons qu’en cette France, sauront se lever des hordes de compositeurs pour oublier le naufrage de l’âme qui se précise en même temps que la bourse chute et ici plus qu’ailleurs tout simplement parce que les banques françaises ont près des trois quart de la dette grecque.
C’est dire si nos traders n’ont pas été rigoureux mais on ne tiendra pas rigueur à ces Kerviel d’opérette de jouer perdants, l’essentiel étant de faire supporter la rigueur aux Français, tout en niant la rigueur, car le Français pourrait bien se révolter mais, au vu du peu de rigueur avec laquelle les fonctionnaires, les classes moyennes, les bourgeois, règlent leur vie, passant leur caprices à leurs morveux de mômes gavés de jeux vidéo et de gadgets.
On ne pourra, qu’avec la rigueur de la conscience, verser une larme sur les damnés du système, ces travailleurs malmenés, de CDD en CES, de RSA en ASS, sans qu’ils puissent avoir une lueur de sortir du marasme et ma foi, ces bons Français, à la rigueur, ils ne valent pas mieux que les Allemands qui ont laissé les camps s’installer en 1940, mais l’Histoire a tranché et ce 8 mai 2010 l’Europe se souvient du drame qu’elle a consenti a laisser se dérouler sur son espace et ma foi, les anciens qui ont connu cette époque se disent qu’à la rigueur, ces franchouillards sont vraiment des connards, à s’inquiéter d’une rigueur de passage.